Métiers de la mer

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Vivre de la mer, sur la mer et par la mer : l’activité maritime génère une activité économique et des emplois qui concernent beaucoup de secteurs d’activités : le transport de marchandises et de voyageurs, la pêche, la construction et la réparation navale, la gestion des activités portuaires, la plaisance, la recherche et l’environnement, voire le commerce, le tourisme.

Les métiers de la mer, ce sont tous les métiers qui n’existeraient pas s’il n’y avait pas la mer !

Les « métiers de la mer » relèvent d’une grande diversité. Ils n’ont en commun que de participer à l’activité maritime dont il est difficile de mesurer globalement le poids économique, mais qui participe fortement au rayonnement de notre région. PACA est une région maritime avec plus de 835 Km de côtes, soit 15% du littoral français. 7 habitants sur 10 y vivent. Pour mieux parler de ces « métiers de la mer », nous nous en tenons aux métiers dépendant quasi exclusivement de la mer, en décomposant les différents secteurs dans lesquels ils s’exercent.


Travailler en naviguant : les « gens de mer »

Les gens de mer ont comme activité professionnelle la navigation qu’elle soit pour le commerce, la pêche, la plaisance professionnelle. Comme ils le soulignent « pour vivre de la mer, il faut d’abord l’apprendre ». Aujourd’hui nul ne peut exercer à bord d’un navire de commerce, de pêche ou de plaisance professionnelle s’il ne possède pas les certifications requises, validées par des temps de navigation.

Pêcher en Méditerranée : une activité artisanale représentant 8% des captures de la pêche française.

Essentiellement artisanale, la pêche en PACA concerne principalement le thon et la sardine. C’est une pêche proche des côtes avec des sorties à la journée. Les sorties de 1 à 3 jours sont plus rares. La pêche en méditerranée (PACA, Languedoc Roussillon) ne représente que 8 % des captures de la pêche française. Le chiffre d’affaire est estimé à environ 5 milliards d’euros (chiffre 2003).
Les bateaux sont petits, les équipages restreints, beaucoup de pêcheurs sont leur propre patron et n’ont pas de salariés. Embarquer comme marin pêcheur nécessite un minimum de compétences certifiées, comme le Certificat d’initiation nautique délivré après une formation d‘environ 8 semaines.

Les effectifs de marins pêcheurs après avoir fortement baissé, comme en France, se maintiennent. Ils sont un peu plus de 3500 en Méditerranée, environ 1200 en PACA. Cette stabilisation est surtout due à l’activité de petite pêche- conchyliculture qui concerne la capture et l’élevage des poissons, crustacés, mollusques. Les saisons influent sur l’activité des pêcheurs en raison des rythmes biologiques et des habitudes de consommation.
L’aquaculture est représentée par des fermes marines qui font l’élevage de loups et de dorades, et par  des sites de production de moules et de palourdes. Ce sont de toutes petites entreprises de production et les salariés sont peu nombreux.

L’activité des pêcheurs génère des emplois à terre : 1 pêcheur induit environ 3 emplois à terre. Ce sont les emplois liés au commerce, à la transformation des produits de la mer : par exemple les mareyeurs qui vendent le poisson en gros, les poissonniers et les emplois de l’industrie agro-alimentaire.

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Naviguer au commerce : une activité représentée par de nombreuses compagnies maritimes en PACA, dont la plus grande compagnie française et la 5ème au rang mondial.

La marine marchande concerne les navires qui transportent des marchandises et des passagers à des fins commerciales. Les durées d’embarquement (temps que les marins passent à bord) peuvent être courtes pour certains ferries desservant des destinations proches, ou très longues  quand il s’agit de transporter à travers les océans des porte- conteneurs chargés de diverses marchandises. Il existe aussi des emplois permettant un retour quasi quotidien à son domicile. Ce sont ceux liés au pilotage et au remorquage portuaires par exemple, qui permettent de gérer les arrivées des énormes cargos, vraquiers, ferries, etc.

En PACA les principaux employeurs de la marine au commerce sont :

  • les compagnies pour le transport de voyageurs sur lignes régulières ou pour les excursions à la journée. 
  •  et les compagnies maritimes qui arment notamment pour le long cours, ou le remorquage en haute mer, l’assistance pour les plateformes offshore, etc.

Plus d’une soixantaine d’entreprises maritimes armant des bateaux, gros ou petits pour les passagers ou les marchandises, au long cours ou en excursion à la journée sont situées en PACA. La plus grande compagnie maritime française est à Marseille.
Les emplois au sein de navires dédiés à la recherche océanographique ou hydrographique sont à considérer comme des « niches » : ils sont réels, mais rares et convoités. Sur le plan national, ils enregistrent une forte baisse qui affecte particulièrement les emplois permanents des marins d’équipage.

Les effectifs des officiers de marine marchande et des marins au commerce ont légèrement augmenté, surtout celui des officiers et grâce au transport de passagers et au transport de marchandises à la demande (le tramping). Les officiers et les marins représentaient plus de 2000 personnes en 1999 en PACA.
Mais si un officier de marine est assuré de trouver des embarquements, surtout « au long cours », le contexte est plus difficile pour les marins d’équipage. Certes le trafic international de marchandises par mer est en développement et augmente d’environ 8% par an actuellement. Le marché de l’emploi est international : on assiste au développement des équipages internationaux. Beaucoup de compagnies maritimes françaises, y compris celles basées à Marseille et en PACA, recourent à des pavillons comme le Registre International Français (RIF) qui permet  une composition internationale des équipages. La concurrence, en terme d’emplois et de salaires, affecte particulièrement le marin d’équipage, mais aussi l’officier de marine subalterne. Les officiers supérieurs ne sont, pour le moment, pas touchés par ce phénomène.
Si le transport de voyageurs et les croisières se développent, les emplois dans un équipage au sein des grands ferries des compagnies de la région ne sont pas en croissance. Le transport de voyageurs est une activité liée au tourisme et une bonne proportion des emplois de matelot sont saisonniers. Les emplois les plus stables, dans les activités portuaires, sont très convoités. Ils sont en stagnation et présentent peu de turn over, ce qui limite les besoins de recrutement.

S’engager dans la marine nationale pour naviguer en tant qu’officier, mécanicien, infirmier, radiotélégraphiste, informaticien, cuisinier, etc.

La marine nationale permet d’embarquer pour exercer bien d’autres métiers que ceux de matelot ou d’officier marinier. Chaque année des emplois sont proposés correspondant à des engagements de durée courte ou longue. Plusieurs diplômes dans de nombreuses spécialités permettent aussi une reconversion dans le civil.

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Piloter des yachts et des bateaux de plaisance : un secteur en développement mais où la concurrence avec des équipages d’autres nationalités existe.

L’activité de la plaisance  et de grande plaisance est en développement en PACA et représente un pôle d’activité important, générant un chiffre d’affaire en croissance.
Le littoral concentre une forte densité de ports de plaisance, particulièrement sur la Côte-d’Azur qui totalise 25% des places françaises pour les bateaux.
En 2005, PACA est la 1ère région française en matière d’immatriculation de bateaux de plaisance (voiles et moteurs) : 26%, ce qui la place juste devant la Bretagne.
PACA est aussi en 1ère position en matière de délivrance de titres de conduite des navires de plaisance à moteur.
En été près de 50% de la flotte mondiale de yachts se trouve sur le bassin méditerranéen à proximité de la Côte d’Azur.

Les marins de plaisance transportent des passagers et pratiquent le convoyage ou le charter. L’équipage d’un yacht varie selon le type de bateau (voile ou moteur), la clientèle, privée ou d’affaire, la taille du bateau. Il se compose de marins, de personnel hôtelier (cuisiniers, hôtesses et stewards) placés sous la responsabilité du capitaine du yacht.
La grande plaisance concerne les bateaux de plus de 21 m ayant un équipage permanent au service du propriétaire ou du locataire occasionnel. Commander un gros yacht ou un grand voilier est une activité professionnelle qui nécessite impérativement l’obtention d’une certification, différente selon que le navire est à voile ou à moteur et répondant à une réglementation imposée par l’organisation maritime internationale. Le marin lui aussi doit avoir une formation minimale pour embarquer de façon professionnelle.


Construire, réparer, entretenir les navires et les yachts : les métiers des chantiers navals et de la filière nautique.

La construction de navires civils : une activité en crise en région

Les principaux chantiers de construction navale marchande sont situés sur la côte atlantique de la France. La construction de navires civils destinés à la marine marchande, à la pêche (navires allant de 20 m à 400m) et la construction de bâtiments de guerre ont connu ces dernières années une grande crise en PACA. Les années 80 et 90 ont vu se succéder la chute de l’activité des chantiers navals de la Ciotat et de la Seyne et des tentatives de redynamisation ou de diversification économiques.
Par contre les petites entreprises qui travaillent dans le secteur de la construction de bateaux  et de yachts pour la plaisance et la haute plaisance se multiplient et les emplois sont en croissance.
L’aménagement sur le site des chantiers navals de  La Ciotat de terrains et locaux à vocation haute plaisance en sont une illustration.

La construction et la réparation dans la filière nautique et la plaisance : un secteur porteur en PACA et des entreprises à la recherche d’ouvriers qualifiés.

Elle concerne l’activité liée à la plaisance, la grande plaisance et les activités nautiques. Les entreprises appartenant à cette filière sont des constructeurs, des chantiers réalisant l’entretien et la maintenance des bateaux, des équipementiers distribuant du matériel électronique, le gréement, les voiles, etc., les motoristes, les courtiers d’assurances, les experts maritimes, les « brokers » pratiquant l’achat, la vente, la location, l’affrètement de gros yachts, la location et le gardiennage, ainsi que des fédérations sportives liés aux sports de voile, de glisse, les organismes de formation continue spécialisés,etc.

La filière nautique concerne près de 1500 entreprises et presque 10 000 salariés en PACA. Plus de 80% des entreprises ont moins de 10 salariés et ont un caractère artisanal. Chez les constructeurs il existe néanmoins des entreprises d’importance qui possèdent des moyens de levage pour la réparation navale. Elles peuvent aussi faire appel à divers sous-traitants souvent très spécialisés. Les entreprises représentant des savoir-faire traditionnels (mécanique, peinture, menuiserie, métallurgie) sont majoritairement situées en région. Pour les produits de haute technologie, il peut s’agir de sous-traitants étrangers. Néanmoins, la grande majorité du réseau de sous-traitants est locale.

Les métiers liés à la construction et la réparation navales sont des métiers de chantier à caractère industriel, exercés au sein de grandes entreprises ou de petits sous traitants, avec des savoir-faire spécifiques : peintre en construction navale, chaudronnier, soudeur, etc.

Plusieurs entreprises de la construction et de la réparation soulignent leurs difficultés dans les recrutement d’ouvriers qualifiés : la technologie, les matériaux et les normes évoluent, particulièrement dans les matériaux composites, ils demandent des savoir-faire pointus et les candidatures manquent. Cela concerne les métiers de mécaniciens réparateurs, de stratifieurs, de chaudronniers soudeurs, d’ouvriers voiliers.

Les métiers des loisirs nautiques sont essentiellement ceux d’éducateurs sportifs, exerçant des fonctions d’encadrement au sein des clubs, fédérations sportives,  ou en tant qu’indépendant.



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L’activité portuaire : là où les métiers à terre rencontrent les métiers des gens de mer.

En PACA, de grands ports marchands pour le trafic marchandises et passagers et plus de 132 ports de plaisance.
Marseille-Fos  fait partie des grands ports en « eau profonde » qui peuvent accueillir tous les types de navires : les porte-conteneurs, les pétroliers, les vraquiers, les grands ferries, les paquebots de croisière, etc. Il est aussi le premier port de France et de Méditerranée pour le tonnage qui y transite. Il est concerné par 40% du trafic français des produits pétroliers.
Nice voit son trafic passager en forte hausse, porté par le développement des croisières, la multiplication des escales de paquebots ayant à leur bord une clientèle anglaise et américaine et l’accroissement des passagers vers la Corse.
La forte densité des ports de plaisance reflète le dynamisme de l’activité plaisance en PACA.

Superviser les entrées et sorties de port, assurer les opérations liées aux escales : des emplois liés à la mer comme au transport logistique.
Entrent en jeu dans ces activités portuaires les professionnels participant aux opérations liées aux escales  et aux entrées et sorties de port. Le pilotage, le remorquage, le lamanage qui permettent aux navires d’entrer au port en sécurité font partie de l’emploi aux activités portuaires des gens de mer. Les effectifs sont plutôt en diminution, les postes présentent peu de turn-over.
Les officiers de port assurent à terre la supervision des mouvements d’entrée et de sortie. Les opérations de chargement et de déchargement du fret sont suivies par l’agent consignataire, assurées par les dockers, manutentionnaires, grutiers. Les contrôles, les formalités liés au bon acheminement des marchandises concernent les douaniers, les transitaires.


La mer comme patrimoine : travailler pour la recherche et la protection de l’environnement marin

Des métiers rares et convoités nécessitant des études longues ou des spécialisations

Ce secteur concerne les activités de la recherche publique ou privée et celles liées à la protection de l’environnement et la gestion des espaces naturels.
La recherche peut être réalisée dans des centres et des entreprises, publics ou privés .La recherche liée au milieu marin n’est qu’une très petite partie de la recherche publique.
Les océanologues, les biologistes marins, les géologues de fonds sous-marins, les météorologistes marins… sont des métiers scientifiques nécessitant le plus souvent des doctorats d’université ou des diplômes d’ingénieurs complétés de spécialisations. L’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) a plusieurs sites en PACA : le centre de Méditerranée à Toulon, le laboratoire environnement et ressources, le département systèmes sous-marins. Il existe à Marseille un Institut de recherches archéologiques sous marine, le Centre d’océanologie de Marseille lié au CNRS, l’Institut national de plongée professionnelle qui peut former  les plongeurs scaphandriers professionnels, etc. Mais les postes ouverts, dans les organismes publics comme dans les organismes privés sont rares et convoités. Par exemple, en France au Ministère de la Culture seulement une dizaine de personnes s’occupent d’archéologie sous-marine.

Peu d’emplois salariés réellement dédiés à la préservation des espaces.

La protection de l’environnement renvoie aux emplois liés à la gestion du milieu naturel aquatique (mer, rivières, lacs) et du littoral. Peu d’emplois concernent exclusivement  préservation des espaces, même si ces métiers connaissent un réel engouement et si beaucoup de formations existent dans ce domaine. Les employeurs sont principalement les collectivités territoriales (communes, département), les associations, les parcs naturels régionaux. Les effectifs ne sont pas en développement et certains emplois sont saisonniers. Dans le secteur associatif il y a de fréquents recours aux contrats aidés.
Pour exemple, un métier traditionnel : le garde-pêche. Ils  dépendent du Conseil supérieur de la pêche qui est un établissement public. Les effectifs sont stables avec peu de turn-over : 25 à 30 personnes sont recrutées par an au niveau national

 

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Et demain ?

La mer recouvre une large palette de métiers aux avenirs différents suivant le secteur d’activité auquel ils appartiennent. Exercés à  terre ou en mer, à caractère artisanal ou industriel, entraînant des déplacements ou de proximité, exigeants en terme de formation ou rapidement accessibles, convoités ou souffrant de problèmes d’attractivité, leur diversité est telle qu’on ne peut conclure globalement sur leur réalité et leur devenir.
PACA est une région maritime qui poursuit sa mutation économique.
La plaisance et la grande plaisance sont des enjeux liés à sa réputation de région touristique et concrétisés par la forte densité des ports de plaisance : 25% des places dénombrées nationalement se trouvent sur la Côte d’Azur. Pourtant il faudrait beaucoup plus, et cela fait partie des données qui conditionnent le développement de ce secteur.
Un autre enjeu est celui du développement du transport maritime grâce à la plateforme Fos-Marseille, port en « eau profonde »  pouvant recevoir des navires d’importance, première en France pour le tonnage qui y transite, et grâce à sa position stratégique en Méditerranée.


Pour en savoir plus

Sites web à consulter :
http://www.orm-paca.org : site l’Observatoire régional des métiers
http://hydro-marseille.com : site de l’Ecole nationale de la marine marchande de Marseille
http://www.comite-peches.fr : Site du comite national des pêches renvoyant aux différents comités locaux et régionaux
http://www.fin.fr : site de la Fédération des industries nautiques.
http://www.officedelamer.com/ : site de l’Office de la mer à Marseille
http://www.arpe-paca.org : site de l’Agence régionale pour l’environnement
http://www.metiersdelamer.com : site de l’Association pour la promotion des métiers de la mer
http://ifm.free.fr : site de l’Institut français de la mer
http://www.csp.environnement.gouv.fr/ : site du Conseil supérieur de la pêche
http://www.ecoledelamer.com : site de l’Espace de culture océane du littoral et de l’environnement (région Poitou Charente)
http://www.mer.gouv.fr : site du ministère
http://www.ifremer.fr/francais/ site de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.



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